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Entretien avec Vanessa Amaral, apprentie du GEIQ Théâtre

29. novembre 2016 - Entretiens, Le GEIQ, Formation professionnelle

De 2016 à 2018, La Comédie de Valence est partenaire du GEIQ Rhône-Alpes Théâtre.
Le compagnonnage-théâtre est un dispositif original d’emploi et de formation qui a pour objectif de favoriser l’insertion professionnelle de jeunes comédiens par leurs emplois dans des productions artistiques de compagnies de théâtre professionnelles réunies professionnelles réunies au sein du GEIQ théâtre (Groupement d’Employeurs pour l’Insertion et la Qualification), et par une formation complémentaire en alternance à tous les aspects du métier de comédien. 

ENtretien avec Vanessa Amaral, comédienne

Vanessa Amaral - DR

Pourquoi rejoindre le programme du GEIQ ? 

J’ai fait le choix cette année d’être comédienne, d’assumer cette profession. Je voulais travailler, et apprendre en travaillant ; je ne voulais pas faire d’école nationale ou privée, d’ailleurs je n’ai plus l’âge. J’ai une jeune expérience de ce métier et je voulais privilégier des rencontres artistiques lors de stages professionnels. J’aime beaucoup rencontrer metteurs en scène et acteurs lors de laboratoire de recherche, c’est très enrichissant dans le travail personnel et collectif et largement plus détendu qu’un concours ou une audition. Le GEIQ me permet l’accès à l’emploi tout en participant à ma formation. 

Connaissais-tu La Comédie de Valence et Richard Brunel ?

Je ne connaissais pas La Comédie de Valence mais je connaissais Richard Brunel pour avoir vu son Roberto Zucco au Théâtre Gérard Philippe en février dernier. Ce jour-là, il y avait un bord de scène suite à la représentation. J’étais restée parce que j’avais été interpellée par le spectacle qui affichait l’essor d’une monstruosité individuelle et sociale incompréhensible - difficilement recevable au lendemain des attentats du 13 novembre. Ça résonnait fort, cette adaptation contemporaine. Je me souviens du retour d’une spectatrice qui semblait choquée, non tant par le spectacle, mais par son vécu de l’actualité. 

C’est lors de mon recrutement au GEIQ que j’ai connu La Comédie de Valence. Avec mes camarades-compagnons, nous avons vu 2 spectacles pendant les cessions de formation : « Les mots qu’on ne me dit pas » m.e.s Eric Massé et « Cross ou la fureur de vivre » m.e.s Julie Rébéré. Je suis admirative de la dimension itinérante de La Comédie, de savoir qu’elle est conçue pour se déplacer et venir toucher des publics parfois très isolés de l’offre culturelle, en mobilisant des formes artistiques traitant de sujets qui concernent les êtres sociaux que nous sommes, et dans des lieux pas forcément conçus pour faire de la place à l’Art.

Qu’avez-vous travaillé durant les deux stages dirigés par Richard Brunel ? 

Durant les deux sessions de formation à Valence, nous avons travaillé la dimension acteur-créateur en adaptant scéniquement des œuvres qui à l’origine ne sont pas des pièces de théâtre:  les romans Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka, Le Grand Cahier d’Agota Kristof, puis Le Cercle de Craie, opéra de Alexander Zemlinsky lors de la seconde session. Richard Brunel nous a accompagné dans ce processus en nous invitant à partager le questionnement de la résolution dramaturgique. Pour moi, il s’agissait d’abord de faire des ponts entre ce qui nous touchait dans chaque œuvre pour ensuite créer du jeu ; je pense aussi, entre ce qui nous touche du passé et qui nous parle aujourd’hui. Comment restituer et communiquer notre perception singulière au spectateur, en se souciant de lui dédier une place active au théâtre qui se déroule sous ses yeux, en soignant un dispositif scénique, une esthétique, un point de vue - choisir d’où l’on parle, le fil de notre vision - et respecter les mots de l’auteur en s’y fiant, y compris chronologiquement.

Pour la première session ce qui primait c’est davantage le processus d’interrogation de la dramaturgie et nos propositions répétées sous formes de « variations » c'est à dire de percée de l’œuvre sous  forme  scénique courte  et  incisive ;  donc plusieurs sollicitations de nos visions personnelles avant la mise en commun d’un univers et d’une variation.
Au cours de la seconde session, on s’est focalisé sur 1'œuvre et, plus directement, sur 1'adaptation contemporaine commune pour laquelle Richard Brunel a pris la direction des acteurs.

Sais-tu déjà sur quelles créations et avec quel(les) metteurs en scène tu vas travailler dans le cadre de ta formation ?

 Durant les 2 ans du GEIQ, je ferai partie de la Jeune Troupe des Îlets avec Marie Rousselle- Olivier et Yann Mercier qui sont également comédiens-compagnons et Guilhèm Barral qui est apprenti technicien lumière. La Jeune Troupe est pensée et instituée par Carole Thibaut qui est autrice, metteuse en scène, comédienne ainsi que directrice du CDN de Montluçon- Théâtre des Îlets. Elle est également actrice du groupement d’employeur qu’est le GEIQ, par l’intermédiaire duquel nous nous sommes rencontré.e.s. 

Au sein de la Jeune Troupe des Îlets, je participerai à ses deux prochaines créations ainsi qu’aux actions culturelles qui forment le projet du théâtre (ateliers, lectures auprès du public in et hors les murs). Ce seront Les Variations Amoureuses à la fin de cette saison 2016-17 (rendez-vous  du 30 mai au 3 juin 2017 au Théâtre des Îlets !) puis La Petite Fille qui disait non, saison prochaine 2017-18, création lors de laquelle je l’assisterai à la mise en scène.

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