Le blog de l'éducation artistique

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La Comédie a proposé pour la première fois cette saison  des ateliers parent-enfants en écho aux spectacles à voir en famille.

Le mercredi 10 avril, ce sont  ainsi 7 duos adulte-enfant qui ont participé à un atelier de 2h avec Léna Bréban, metteure en scène du spectacle Verte. Ils ont ensuite assisté  à la représentation du spectacle.

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Imaginez une Sorcière fort singulière qui accueillerait une dizaine d'enfants avec leur père, leur mère ou leur grand-mère dans la salle d'exposition de la Comédie...

Imaginez que cette brillante Sorcière s'appelle Léna Braban et que d'un coup de baguette TGV, elle soit là prête à...

Mais prête à quoi ?

Prête à introduire avec l'énergie tourbillonnante qui lui est propre les apprentis-spectaCteurs venus courageusement s'initier aux joies de la pratique, ô combien délicieusement risquée, du théâtre...

Prête à partager l'univers de son spectacle, prête à partager deux heures intenses d'expression corporelle puis théâtrale.

Imaginez ces enfants super motivés et leurs parents ultra flippés face à la metteuse en scène qui leur demande, comme ça, tout de suite, maintenant, à brûle-pourpoint de se métamorphoser en... animaux ?

Et grand-mère de se faire grenouille, papa de se faire lion, maman de devenir poule, fiston de se faire chat et petite fille de se transformer en louveteau, pendant qu'un ado se meut en paresseux...

Mercredi 10 avril ce petit cours de sorcellerie théâtrale a ravi petit(e)s et grand(e)s !

La suite ? Léna Braban a confronté tout ce petit monde au texte adapté de Verte par ses soins. Avec l'exigence et l'humour qui rendent ses spectacles si forts, elle a guidé ses apprentis acteurs, pour anticiper, en les vivant, certaines scènes du spectacle qu'ils découvriraient le soir : empoisonner des chiens, debout sur une table... confrontations mères-filles... découvrir le laboratoire d'Anastabotte...

Tour à tour Verte, Ursule ou Anastabotte, tou(te)s ont joué le jeu proposé par la Magicienne es théâtre.

Un pur moment de bonheur, de complicité pour "s'habiller le coeur" avant la jubilation suprême du spectacle qui les attendait !

 

Mallaury Buigues, participante de l'atelier


Dans le cadre des Controverses, chaque saison, La Comédie de Valence passe commande à un couple de metteur en scène/ auteur d’une pièce, sur un sujet qui agite la société, un sujet d’actualité. Et cette année, le thème est la domination masculine.

Le spectacle The future is female, est la deuxième Controverse de la saison.

Ce mardi 19 mars, Nicole Mersey scénariste, metteuse en scène et interprète du spectacle ainsi que Jonathan Peronny, interprète du spectacle, animent un atelier avec la classe de 3ème2 du Collège Marc Seignobos à Chabeuil.

Autour de ce spectacle, ce ne seront pas moins de 165 heures d’ateliers pour 32 classes, qui se dérouleront sur ces trois prochaines semaines.

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En premier temps, les élèves de 3ème2 ont échangé avec les artistes autour de la question de la domination masculine dans la société.

 

  • Nicole Mersey et Jonathan Peronny :
    Pensez-vous à des codes, des normes, pour un homme ou une femme dans la société ?

 « Si on est un homme on doit aimer les femmes, et si on est une femme aimer les hommes. »

« Un homme doit être viril. »

« L’homme doit aller travailler, la femme doit rester à la maison. »

« L’homme il est fort. La femme est faible. »

« Ça choque moins de voir une femme avec un costard, qu’un homme avec une robe. »

« Souvent les hommes sont plus haut gradé. Ca choque plus de voir une femme chef d’entreprise, qu’un homme. »

« Les hommes ont plus de pouvoir. »

« Dans la rue, les femmes sont plus souvent interpellées par des hommes. C’est rare qu’une femme interpelle un homme de manière pas très correcte.»

  •  NM & JP : Que pensez-vous de ces constats ? Comment vous positionnez-vous par rapport à cela ?

La première réaction : « C’est dégueulasse » !

Un élève ajoute : « Je ne trouve pas ça normal. On doit pouvoir être comme on veut. Ce n’est pas parce que tu es un homme que tu dois être comme ça, et une femme comme ça. Je pense que chacun doit faire ce qu’il a envie, sans qu’il y ait de problème. »

Un autre, de manière plus optimiste : « Je pense que ça change de mieux en mieux, les générations qui arrivent auront moins de problèmes. »

 Un élève complète : « Avec le regard des autres, on se démarque peu, les gens jugent énormément. Il y a pas mal d’harcèlement par rapport à ça. Quand on voit quelqu’un différent des autres, ça se voit. Je pense que les gens jugent pour se rassurer. »

 Une autre élève avoue : «Parfois dire qu’on n’aime pas la différence est plus facile à dire que si l’on aime bien. Par exemple, même si on aime le style vestimentaire d’une personne, (mais qu’on n’aimerait pas forcément pour nous), on a peur du jugement, alors c’est plus facile de dire qu’on n’aime pas. »

  •  NM & JP : Sur quoi pouvons-nous être jugés dans la société ?

 « La beauté par exemple, quelqu’un qui est très beau va avoir plus d’amis. Alors que quelqu’un qu’on trouve moche, ce sera plus difficile »

 « Le handicap. Quand on est différent, on voit la différence. C’est visible. Certaines choses que tu ne peux pas faire comme les autres, et on se moque de ça »

 D’autres élèves ajoutent : la couleur de peau, le racisme ; la religion, le rapport de classes sociales (« quelqu’un de très riche ou de très pauvre ») ; les notes, l’intelligence, la réussite et, quelqu’un finit sur : « souvent sur ce qui se voit physiquement, le rapport au corps ». 

  •  NM & JP : Qu’est ce qui changerait pour les garçons si les hommes et les femmes étaient égaux ?

 « Ce qu’il faudrait faire, c’est ne pas considérer quelqu’un comme un garçon ou une fille. Ne pas faire de distinction fille garçon. Mais se dire que nous sommes seulement des êtres humains »

 « Les garçons ils gagneraient forcément, ils pourraient se mettre en jupe, robe sans être jugés. Nous on peut être en jean,... déjà, ça paraît normal. Mais si un garçon se met en jupe, ça pourrait faire comme le lycéen qui s’est fait viré car il s’est maquillé. »

 

Dans un second temps, une partie du groupe a travaillé avec Nicole Mersey sur des petites scènes d’improvisations à travers des mises en situation réelles, autour de cette question de domination masculine. Différentes propositions ont été faites par les élèves : harcèlement de rue, inégalité au travail…

L’autre partie du groupe a travaillé avec Jonathan Peronny, sur la question « pour toi, qui est l’homme/ femme idéal(e) ? », en argumentant.Chacun a pu proposer une personne, et un vote en a découlé.
Les gagnants :
- Johnny Depp pour son charisme, sa beauté, sa célébrité
- Wonder Woman pour son courage, ses pouvoirs, sa beauté, ses muscles et le fait qu’elle déjoue les codes.

 

 

 

 

 

Le jeudi 24 janvier avait lieu à la Fabrique la représentation adaptée en langue des signes de Thomas et Judith, la première controverse de la saison.

Parmi le public, l'IME la Providence et le club LSF du Collège Marc Seignobos de Chabeuil , un groupe de volontaires, de la 6e à la 3e, qui suivent un cours de LSF entre midi et deux au rythme d’une heure par semaine qui ont rencontré l'équipe artistique à l'issue de la représentation.

 

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LEURS  impressions : 

"Le spectacle était vraiment bien. J'ai trouvé que ça rendait très bien avec la langue des signes. C'était bien de rencontrer des sourds et d’échanger avec eux."
Rose, élève de 6ème

"La langue des signes apportait un plus dans la représentation. En effet, cela calmait les disputes entre les deux personnages, ça les adoucissait. La rencontre qui a suivi m'a plus intimidé. Elle était tout de même intéressante. C'est impressionnant de voir des personnes communiquer entre eux à travers cette belle langue."
Judith, élève de 4ème

"J’ai trouvé le spectacle très intéressant, la LSF était intégré au spectacle et cela était beau. Cela amène autre chose au spectacle, un autre regard sans pour autant le dénaturer et c'est intéressant. La femme qui signait apportait de la douceur dans le débat de par sa posture mais aussi parce que le duo passe à un trio et que les relations sont donc moins frontales, et c'est en cela que le regard est différent. Donc c'est à refaire ! Et on ne se rend pas compte du nombre d'heure de travail pour intégrer la LSF au spectacle tellement c'est fluide."
Marie-Angéline, souffleuse de scène

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