Le blog de l'éducation artistique

De 2016 à 2018, La Comédie de Valence est partenaire du GEIQ Rhône-Alpes Théâtre.
Le compagnonnage-théâtre est un dispositif original d’emploi et de formation qui a pour objectif de favoriser l’insertion professionnelle de jeunes comédiens par leurs emplois dans des productions artistiques de compagnies de théâtre professionnelles réunies professionnelles réunies au sein du GEIQ théâtre (Groupement d’Employeurs pour l’Insertion et la Qualification), et par une formation complémentaire en alternance à tous les aspects du métier de comédien. 

ENtretien avec Vanessa Amaral, comédienne

Vanessa Amaral - DR

Pourquoi rejoindre le programme du GEIQ ? 

J’ai fait le choix cette année d’être comédienne, d’assumer cette profession. Je voulais travailler, et apprendre en travaillant ; je ne voulais pas faire d’école nationale ou privée, d’ailleurs je n’ai plus l’âge. J’ai une jeune expérience de ce métier et je voulais privilégier des rencontres artistiques lors de stages professionnels. J’aime beaucoup rencontrer metteurs en scène et acteurs lors de laboratoire de recherche, c’est très enrichissant dans le travail personnel et collectif et largement plus détendu qu’un concours ou une audition. Le GEIQ me permet l’accès à l’emploi tout en participant à ma formation. 

Connaissais-tu La Comédie de Valence et Richard Brunel ?

Je ne connaissais pas La Comédie de Valence mais je connaissais Richard Brunel pour avoir vu son Roberto Zucco au Théâtre Gérard Philippe en février dernier. Ce jour-là, il y avait un bord de scène suite à la représentation. J’étais restée parce que j’avais été interpellée par le spectacle qui affichait l’essor d’une monstruosité individuelle et sociale incompréhensible - difficilement recevable au lendemain des attentats du 13 novembre. Ça résonnait fort, cette adaptation contemporaine. Je me souviens du retour d’une spectatrice qui semblait choquée, non tant par le spectacle, mais par son vécu de l’actualité. 

C’est lors de mon recrutement au GEIQ que j’ai connu La Comédie de Valence. Avec mes camarades-compagnons, nous avons vu 2 spectacles pendant les cessions de formation : « Les mots qu’on ne me dit pas » m.e.s Eric Massé et « Cross ou la fureur de vivre » m.e.s Julie Rébéré. Je suis admirative de la dimension itinérante de La Comédie, de savoir qu’elle est conçue pour se déplacer et venir toucher des publics parfois très isolés de l’offre culturelle, en mobilisant des formes artistiques traitant de sujets qui concernent les êtres sociaux que nous sommes, et dans des lieux pas forcément conçus pour faire de la place à l’Art.

Qu’avez-vous travaillé durant les deux stages dirigés par Richard Brunel ? 

Durant les deux sessions de formation à Valence, nous avons travaillé la dimension acteur-créateur en adaptant scéniquement des œuvres qui à l’origine ne sont pas des pièces de théâtre:  les romans Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka, Le Grand Cahier d’Agota Kristof, puis Le Cercle de Craie, opéra de Alexander Zemlinsky lors de la seconde session. Richard Brunel nous a accompagné dans ce processus en nous invitant à partager le questionnement de la résolution dramaturgique. Pour moi, il s’agissait d’abord de faire des ponts entre ce qui nous touchait dans chaque œuvre pour ensuite créer du jeu ; je pense aussi, entre ce qui nous touche du passé et qui nous parle aujourd’hui. Comment restituer et communiquer notre perception singulière au spectateur, en se souciant de lui dédier une place active au théâtre qui se déroule sous ses yeux, en soignant un dispositif scénique, une esthétique, un point de vue - choisir d’où l’on parle, le fil de notre vision - et respecter les mots de l’auteur en s’y fiant, y compris chronologiquement.

Pour la première session ce qui primait c’est davantage le processus d’interrogation de la dramaturgie et nos propositions répétées sous formes de « variations » c'est à dire de percée de l’œuvre sous  forme  scénique courte  et  incisive ;  donc plusieurs sollicitations de nos visions personnelles avant la mise en commun d’un univers et d’une variation.
Au cours de la seconde session, on s’est focalisé sur 1'œuvre et, plus directement, sur 1'adaptation contemporaine commune pour laquelle Richard Brunel a pris la direction des acteurs.

Sais-tu déjà sur quelles créations et avec quel(les) metteurs en scène tu vas travailler dans le cadre de ta formation ?

 Durant les 2 ans du GEIQ, je ferai partie de la Jeune Troupe des Îlets avec Marie Rousselle- Olivier et Yann Mercier qui sont également comédiens-compagnons et Guilhèm Barral qui est apprenti technicien lumière. La Jeune Troupe est pensée et instituée par Carole Thibaut qui est autrice, metteuse en scène, comédienne ainsi que directrice du CDN de Montluçon- Théâtre des Îlets. Elle est également actrice du groupement d’employeur qu’est le GEIQ, par l’intermédiaire duquel nous nous sommes rencontré.e.s. 

Au sein de la Jeune Troupe des Îlets, je participerai à ses deux prochaines créations ainsi qu’aux actions culturelles qui forment le projet du théâtre (ateliers, lectures auprès du public in et hors les murs). Ce seront Les Variations Amoureuses à la fin de cette saison 2016-17 (rendez-vous  du 30 mai au 3 juin 2017 au Théâtre des Îlets !) puis La Petite Fille qui disait non, saison prochaine 2017-18, création lors de laquelle je l’assisterai à la mise en scène.

De 2016 à 2018, La Comédie de Valence est partenaire du GEIQ Rhône-Alpes Théâtre.
Le compagnonnage-théâtre est un dispositif original d’emploi et de formation qui a pour objectif de favoriser l’insertion professionnelle de jeunes comédiens par leurs emplois dans des productions artistiques de compagnies de théâtre professionnelles réunies professionnelles réunies au sein du GEIQ théâtre (Groupement d’Employeurs pour l’Insertion et la Qualification), et par une formation complémentaire en alternance à tous les aspects du métier de comédien.  

Maïanne Barthès est comédienne et metteure en scène. Elle met en scène cette saison la controverse Prouve-le et intervient dans l'atelier de théâtre 16-25 ans ainsi que dans la classe à horaires aménagés option théâtre du collège Paul Valéry.  Sa compagnie  Spell Mistake(s) est partenaire du GIEQ

Entretien avec Maïanne Barthès, comédienne et metteure en scène

Maïanne Barthès - DR

Pourquoi as-tu rejoint le programme du GEIQ ? 

J'ai adhéré au groupement d'employeur pour le parcours 2016-2018 d'abord parce qu'en tant qu'ancienne élève d'une école supérieure de théâtre, je connais les enjeux de l'insertion professionnelle. Ma dernière année d'élève à l'école de la Comédie de Saint-Étienne a été marquée par ce souci de l'après, jusqu'à empoisonner un temps pourtant dédié au seul apprentissage… Au sein du GEIQ, les élèves compagnons suivent une formation en alternance. Ils ont des stages avec des metteurs en scène comme dans n'importe quelle école mais ils participent aussi à des créations à part entière. J'ai la sensation qu'aujourd'hui une carrière d'acteur s'écrit justement dans un esprit de compagnonnage, et les partenariats acteur - metteur en scène se poursuivent souvent au delà d'un premier spectacle… Alors j'ai eu envie de devenir employeuse/formatrice au sein du dispositif… c'est aussi une façon de pousser à la rencontre, sortir du confort d'une distribution… Et s'engager à accompagner un/une jeune comédien/ne dans le début de sa carrière. 

Quels ont été les critères qui t’ont permis de faire ton choix lors des auditions ? 

Lorsque nous avons rencontré les candidats, ils avaient déjà passé un premier tour d'audition. Un jury avait retenu une quarantaine d'entre eux pour participer à un stage au cours duquel ils étaient amenés à rencontrer tous les metteurs en scène impliqués dans le groupement d'employeur. La grande différence avec un jury d'école, c’est que les compagnons sont avant tout choisis dans une perspective directe d’emploi. Dans la décision finale, cette condition qu’ils aient tous au moins un projet de création est indispensable. Richard les a fait travailler autour d’une variation, un principe d’improvisation collective dont il leur a fixé au préalable le cadre, les principaux rendez-vous et les enjeux. C’était l’occasion de les voir réagir à une consigne de jeu et se l’approprier, intégrer les contraintes rapidement, penser une proposition dans son ensemble, proposer seul et en groupe. En plus de ce moment aux côtés de Richard, je leur ai demandé d’ “avoir dix ans” pendant deux heures d’atelier. J’avais fait la même proposition aux comédiens qui ont passé l’audition pour Prouve-le. 

Avec quels étudiants et sur quels projets vas-tu travailler ? 

J'ai proposé à Cécilia Steiner de rejoindre le projet que je mène aux côtés de Lucie Vérot, et qui questionne la figure d’Antigone et de la désobéissance civile à l’heure d’internet et du mouvement Anonymous. Le texte est en cours d’écriture et Lucie va donc directement écrire pour Cécilia. Nous avions en tête depuis notre première résidence en juin dernier d’intégrer la dimension internationale du hacktivisme et le fait que la langue maternelle de Cécilia soit l’allemand nous ouvre, au delà de ses qualités de comédiennes, de nouvelles perspectives dramaturgiques. 
Dans le cadre du partenariat avec le GEIQ, chaque structure adhérente propose un temps de formation à l’ensemble des compagnons. Je mènerai un stage en juin 2017 autour d’un futur projet de création en écriture de plateau sur le monde de la gastronomie.  

Post récents

Archives